Le domaine de l’imagination est intimement lié à l’art et plus généralement au domaine de la création. Toutefois, il s’exprimera différemment en fonction du domaine où on l’étudie. Ainsi, aux origines du jeu vidéo, l’imagination du joueur à été constamment sollicitée au point d’être un élément crucial. En effet, les moyens de représentation, voire de figuration des premières machines étant extrêmement limité, le joueur se devait d’accepter les postulats de départs posés par les programmeurs. En soi, une image fixe de Pong n’évoque que très vaguement une partie de tennis, et quelques années plus tard, un assemblage de quelques pixels seulement ne représentera pas forcément pour un œil actuel un dragon redoutable.
Mais l’évolution des machines de jeux est telle qu’aujourd’hui on peut parler de réalisme, voire d’hyper-réalisme. On repensera ici aux propos tenus par le producteur de Gran Turismo 5 lorsqu’il annonçait que les éclairages et les effets développés pour le jeu le rendraient plus beau que la réalité. Ce réalisme, cet hyper-réalisme nuit-il pour autant au vagabondage de l’imagination ?

En haut : GT5, en bas : la réalité
Même si l’on est de prime abord tenté de penser que c’est bel et bien le cas, ce serait sûrement une solution de facilité. En effet, peut-être serait-il plus juste de penser que le jeu de l’imagination, s’il est toujours bien présent, s’exprime d’une manière toute autre.
Le joueur cherchera par exemple à s’imaginer ce qu’il y a au delà des barrières, ce qu’il y a au loin, ce qu’il y a derrière. L’imagination peut devenir un des moteurs du jeu. Certaines oeuvres, de par leur vide et leur dénuement, laissent une part capitale à l’imagination. Qui ne s’est pas interrogé sur l’histoire, les mystères et les arches immenses de la cité sans nom d’ICO ? Qui n’a jamais pensé aux peuplades ayant élevé les grandiloquentes battisses de Shadow of the Colossus ? Le travail sur l’imagination devient autre. Il est dans l’absence, le vide, le non-dit… On peut ainsi penser sans trop s’aventurer qu’il en sera de même pour Journey, le prochain projet des créateurs de Flower.
Avant de conclure, il est tout de même nécessaire de préciser que l’évolution des techniques graphiques ne mène pas forcément à l’hyper-réalisme. Le cell shading, les variations sur la palette graphique ou la 2D haute résolution sont de brillants compromis entre technique et imagination, entre art et simple figuration.
