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Review : NieR

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NieR, édité  par Square-Enix, est le nouveau titre de Cavia, studio de développement japonais principalement connu pour sa série sur PS2, Drakengard. Très peu d’informations ont filtré sur le jeu, et c’est avec un sentiment de découverte que nous avons pu parcourir son univers.

Et quelle découverte ! Autant commencer par là : nous avons beaucoup aimé NieR. Passé un bien énigmatique prologue, le joueur se retrouve propulsé 1300 ans dans un futur où l’humanité sur le déclin est revenue à une ère proche du féodal. Dans ce futur désolant, Nier, accompagné de l’étonnant grimoire Weiss, cherche un moyen de sauver sa fille atteinte d’une étrange maladie.

Jeu de rôle standard ? Non. Par bien des aspects, NieR est aussi un hommage à l’univers du jeu vidéo. En effet, l’histoire est ponctuée de références aux classiques du genre, que ce soit des clins d’œil appuyés à Zelda ou encore Resident Evil, des mécaniques de gameplay empruntées aux séries de shoot them up, ou encore une incursion réussie dans le text adventure. Les jeux de caméra sont eux aussi très bien maitrisés. L’intérieur de certaines pièces verra la vue basculer de côté, à la Valkyrie Profile, d’autres seront vues de dessus, et un certain donjon sera même exploré en vue isométrique. Toutes ces références ont bien sur une influence sur le gameplay. En effet, NieR est très agréable à jouer : une touche est attribuée aux attaques de base, une touche au brise-garde, et enfin les gâchettes servent respectivement à esquiver, bloquer ou lancer des sorts. Une fois ces techniques de base maîtrisées, les coups s’enchainent avec facilité, et le compteur de combos s’envole.

NieR n’est toutefois pas un simple patchwork de références, et son univers est certainement son principal atout. En effet, même si les quelques villes fortifiées qui tentent de survivre s’avèrent assez peuplées, c’est un sentiment d’immensité et de désolation qui s’empare du joueur lorsqu’il explore le vaste monde de NieR. Inspiration assumée de Shadow of the Colossus ? On peut l’imaginer, car en effet la palette utilisée et la surexposition des premiers instants de jeu évoquent parfois le majestueux ICO.

Un sentiment d’adversité submerge le joueur tout au long de cette histoire, et malgré de rares compagnons, l’hostilité de l’environnement est un thème récurrent de NieR. Le travail important sur l’immersion est aussi noter : les villageois vous interpellent au passage, les musiques sont divines (nous y reviendrons), et le HUD est très peu souligné, esthétique et en partie paramétrable.

Une autre force de NieR est sûrement son travail sur la mémoire et l’oubli. Tout d’abord, la mémoire du personnage principal, Nier, qui semble avoir oublié son propre passé. Mais aussi, la mémoire collective d’une humanité  sur le déclin, forcée de se regrouper en petites communautés, et dont les traditions ne se transmettent plus guère que par des chansons incomprises ou des livres rédigés dans une langue oubliée. Enfin, sans rien vous révéler, Cavia a joué sur une autre dimension de la mémoire, mais nous vous laissons le plaisir de la découverte.

Pour finir, il serait impossible de ne pas s’arrêter un instant sur le travail formidable réalisé avec la bande originale du titre. Keiichi Okabe nous offre en effet une des meilleures bandes originales actuelles, alliant sonorités mystérieuses et inspirations diverses. A noter, de nombreuses compositions sont chantées, et il faut saluer ici le formidable travail d’Emi Evans, qui a du écrire et chanter des paroles composées dans des langues imaginaires, et dont les sonorités rappellent le français, le japonais, le gaélique ou encore l’italien. Son seul regret est de n’avoir pas eu le temps de composer certaines chansons s’inspirant de langue tribales ou à moitié oubliées, précise-t-elle sur son site Internet, mais il serait bien injuste de l’en blâmer, au vu du résultat envoutant qui nous est présenté.

Il est certain que NieR ne sera pas du goût de tous. Son histoire très sombre et torturée et ses références multiples pourront paraître obscures aux yeux des néophytes. De même, ceux qui ne jurent que par la technique pourront être quelque peu rebutés par l’aspect austère de NieR, mais ce serait là une bien grande erreur. Le titre a un charme et une esthétique qui lui sont propres, et ce serait passer à coté d’une expérience vidéo ludique tout à fait singulière.

Disponible sur PS3 et XBOX 360

© Images : Square Enix